Semi-conducteurs : l'Europe ne pourra pas devenir complètement indépendante

Le par Christian D.  |  15 commentaire(s) | Source : CNBC
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A l'heure des relocalisations, Margrethe Vestager affirme que l'Europe ne pourra pas être totalement indépendante en matière de production de composants électroniques.

Avec la crise sanitaire qui impacte l'économie mondiale, fait dérailler les usines et révèle certaines fragilités, il est beaucoup question de souveraineté et de relocalisation.

L'Europe, qui s'aperçoit qu'elle ne dispose plus de fortes capacités de production de composants électroniques (pas de plus de 10% au plan mondial, contre 40% dans les années 90), a lancé un plan qui doit lui permettre de faire remonter sa part de marché à au moins 20% d'ici la fin de la décennie.

Il est donc aussi beaucoup question de réimplantations d'usines capables de produres des composants en gravure fine en Europe et certains acteurs se disent prêts à jouer le jeu moyennant un soutien par des subventions publiques.

electronique

Mais rendre l'Europe indépendante en matière de production de composants électroniques, telle que le préconisent certains observateurs et politiques, est juste impossible, a souligné Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, dans un entretien à CNBC.

Le coût de l'indépendance serait bien trop élevé, alors qu'une seule usine coûte déjà des milliards d'euros à mettre en place, et ce même dans le cadre des tensions géopolitiques qui menacent à tout moment les approvisionnements et peuvent servir de moyens de pression dans les négociations entre blocs géographiques.

La commissaire européenne suggère d'éviter de se focaliser absolument sur les technologies de gravure les plus fines et d'essayer plutôt de composer un mix entre technologies récentes et plus anciennes, ces dernières étant au coeur de très nombreux objets connectés.

Dans le même temps, elle plaide pour une plus grande régulation des investissements étrangers dans le secteur électronique. S'il faut surveiller les acquisitions d'entreprises stratégiques et sensibles pour éviter un pillage technologique et des prises de contrôle étrangères, il serait préjudiciable de refuser la manne financière étrangère, tout en veillant à ce qu'elle ne crée pas une distortion du jeu de la concurrence et des marchés.

Le risque reste de créer toujours plus de bureaucratie et d'étapes dans ces processus, au risque de décourager les investisseurs. Un équilibre doit donc être trouvé.

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Vos commentaires Page 1 / 2

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Na0do offline Hors ligne Senior avatar 283 points
Le #2150542
"est juste impossible, a souligné Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, dans un entretien à CNBC.
Le coût de l'indépendance serait bien trop élevé, alors qu'une seule usine coûte déjà des milliards d'euros à mettre en place, "

Le PIB de Taiwan et la Corée du Sud, même combinés n'atteignent pas celui de France, mais ces pays sont leader du marché. Donc eux peuvent, mais un continent entier ne peut pas?

"et ce même dans le cadre des tensions géopolitiques qui menacent à tout moment les approvisionnements et peuvent servir de moyens de pression dans les négociations entre blocs géographiques."

Raison de plus pour se laisser piétiner par la Chine, Russie, Etats Unis?
lebonga offline Hors ligne VIP avatar 32767 points
Le #2150543
C'est sûr qu'en prophétisant l'échec, on est fixé et on n'a plus d'efforts/innovations à fournir...
Desaunay offline Hors ligne Vétéran avatar 1270 points
Le #2150545
Na0do a écrit :

"est juste impossible, a souligné Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, dans un entretien à CNBC.
Le coût de l'indépendance serait bien trop élevé, alors qu'une seule usine coûte déjà des milliards d'euros à mettre en place, "

Le PIB de Taiwan et la Corée du Sud, même combinés n'atteignent pas celui de France, mais ces pays sont leader du marché. Donc eux peuvent, mais un continent entier ne peut pas?

"et ce même dans le cadre des tensions géopolitiques qui menacent à tout moment les approvisionnements et peuvent servir de moyens de pression dans les négociations entre blocs géographiques."

Raison de plus pour se laisser piétiner par la Chine, Russie, Etats Unis?


Une partie des coûts de production (surtout la fonderie) dépend surtout des équipements. Si on délocalise d'Asie en Europe, ça augmentera relativement peu (sachant quand même qu'il faut acheter ces équipements en Asie, ainsi que beaucoup de matières premières de qualité suffisante. Quand on grave à 7nm, je n'ose imaginer le degré de pureté des produits chimiques employés).
Par contre, le test et la mise en boitier (ou bande ou quoi que ce soit) consomme beaucoup plus de main d'oeuvre, et le prix augmenterait beaucoup.

Par ailleurs, il faut bien se rendre compte que rapatrier des fabrications de composants ne sert pas à grand chose si on ne les consomme pas localement. Or, nous avons depuis belle lurette perdu toute l'industrie électronique grand public, et des PC, et ce n'est pas avec des coûts de main-d'oeuvre 10 fois (oui, 10 fois) supérieur aux meilleurs coûts asiatiques qu'on pourra réinstaller cette industrie (qui, de toutes façons a perdu tous ses fournisseurs. J'ai tenté d'acheter de l'injection fine et de la décoration sur pièces plastiques il y a 20 ans pour des GSM, et il n'y avait pas grand monde pour le faire, alors que les fournisseurs pullulent en Asie.)

Enfin, dans de nombreux cas, les besoins sont éparpillés entre tout un tas de technologies différentes, nécessitant à peu près autant d'usines, pour des besoins européens qui, parfois ne représentent qu'un pouillème de la production annuelle. (exemple typique: 25 Rafale ou 15000 voitures de luxe, ou 150 missiles par an)
saepho offline Hors ligne VIP icone 25813 points
Premium
Le #2150546
Desaunay a écrit :

Na0do a écrit :

"est juste impossible, a souligné Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence, dans un entretien à CNBC.
Le coût de l'indépendance serait bien trop élevé, alors qu'une seule usine coûte déjà des milliards d'euros à mettre en place, "

Le PIB de Taiwan et la Corée du Sud, même combinés n'atteignent pas celui de France, mais ces pays sont leader du marché. Donc eux peuvent, mais un continent entier ne peut pas?

"et ce même dans le cadre des tensions géopolitiques qui menacent à tout moment les approvisionnements et peuvent servir de moyens de pression dans les négociations entre blocs géographiques."

Raison de plus pour se laisser piétiner par la Chine, Russie, Etats Unis?


Une partie des coûts de production (surtout la fonderie) dépend surtout des équipements. Si on délocalise d'Asie en Europe, ça augmentera relativement peu (sachant quand même qu'il faut acheter ces équipements en Asie, ainsi que beaucoup de matières premières de qualité suffisante. Quand on grave à 7nm, je n'ose imaginer le degré de pureté des produits chimiques employés).
Par contre, le test et la mise en boitier (ou bande ou quoi que ce soit) consomme beaucoup plus de main d'oeuvre, et le prix augmenterait beaucoup.

Par ailleurs, il faut bien se rendre compte que rapatrier des fabrications de composants ne sert pas à grand chose si on ne les consomme pas localement. Or, nous avons depuis belle lurette perdu toute l'industrie électronique grand public, et des PC, et ce n'est pas avec des coûts de main-d'oeuvre 10 fois (oui, 10 fois) supérieur aux meilleurs coûts asiatiques qu'on pourra réinstaller cette industrie (qui, de toutes façons a perdu tous ses fournisseurs. J'ai tenté d'acheter de l'injection fine et de la décoration sur pièces plastiques il y a 20 ans pour des GSM, et il n'y avait pas grand monde pour le faire, alors que les fournisseurs pullulent en Asie.)

Enfin, dans de nombreux cas, les besoins sont éparpillés entre tout un tas de technologies différentes, nécessitant à peu près autant d'usines, pour des besoins européens qui, parfois ne représentent qu'un pouillème de la production annuelle. (exemple typique: 25 Rafale ou 15000 voitures de luxe, ou 150 missiles par an)


Bien vu, fabriquer des puces en France pour les renvoyer en Chine pour fabriquer des smartphones, c'est contre-productif...

Même Renault a commencé à faire produire ses voitures en Chine (Dacia Spring)...

Donc avant de vouloir produire en France, il faudrait déjà trouver quelles entreprises françaises produisent suffisamment en France pour pouvoir absorber la production de ses usines...
billgatesanonym offline Hors ligne VIP icone 5317 points
Le #2150548
Mais de quoi se mèle-t-elle ?

"La commissaire européenne suggère d'éviter de se focaliser absolument sur les technologies de gravure les plus fines"

Elle n'a aucune formation en électronique. Donc, elle ne comprend pas, ou ne sait pas, qu'il est plus économique de produire et de faire tourner des puces de petites tailles que des puces plus grosses. Elle n'a jamais dû voir les wafers, ces gros saucissons de silicium. Ca coûte cher de les produire, et donc il vaut mieux avoir beaucoup de puces par tranche. Elle ne connait sûrement pas le principe qui veut que plus c'est petit, moins cela demande de voltage, et donc plus c'est économique à l'utilisation. De plus, plus c'est petit, plus ça va vite, et donc c'est mieux, car si ça va trop vite, il suffit d'insérer des pauses, alors que si ça ne va pas assez vite, c'est ennuyeux.

Elle ferait mieux de s'intéresser au pourcentage de cacao maigre dans les tablettes de chocolat, comme ses collègues le faisaient autrefois. Ca donne du chocolat dégueulasse, mais c'est moins grave.
tmtisfree offline Hors ligne VIP icone 6050 points
Le #2150554
Les entreprises (subventionnées ou non) appartiennent à leurs actionnaires, pas à l'Europe, et l'économie de la mondialisation (par la mondialisation de l'économie) a rendu le sujet de l'indépendance ou de la souveraineté largement sans objet.

Ergo, on se fiche de qui fabrique quoi : le consommateur veut juste un prix cohérent avec ce qu'il veut acheter.
saepho offline Hors ligne VIP icone 25813 points
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Le #2150566
tmtisfree a écrit :

Les entreprises (subventionnées ou non) appartiennent à leurs actionnaires, pas à l'Europe, et l'économie de la mondialisation (par la mondialisation de l'économie) a rendu le sujet de l'indépendance ou de la souveraineté largement sans objet.

Ergo, on se fiche de qui fabrique quoi : le consommateur veut juste un prix cohérent avec ce qu'il veut acheter.


Personne n'a dit le contraire.

Par contre, à partir du moment où elles veulent vendre en Europe, elles doivent accepter les conditions qu'on leur impose.

Sinon, bye !

Exemple avec Wish, on commence à bloquer, et ca pourra aller plus loin (sanction financière, déréférencement plus important)...
zzepx away Absent VIP icone 7764 points
Le #2150568
tmtisfree a écrit :

Les entreprises (subventionnées ou non) appartiennent à leurs actionnaires, pas à l'Europe, et l'économie de la mondialisation (par la mondialisation de l'économie) a rendu le sujet de l'indépendance ou de la souveraineté largement sans objet.

Ergo, on se fiche de qui fabrique quoi : le consommateur veut juste un prix cohérent avec ce qu'il veut acheter.


"Ergo, on se fiche de qui fabrique quoi"

TOI tu t'en fiches !
Le #2150578
"certains acteurs se disent prêts à jouer le jeu moyennant un soutien par des subventions publiques"

Ben oui, c est toujours mieux que de baisser les taxes pour rendre la zone plus attractive...
smalldick offline Hors ligne VIP icone 7041 points
Le #2150586
Au moins la Litho qui rule the world est européenne
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